Dégrèvement taxe d’habitation : qui peut en bénéficier ?

1 foyer sur 10 paiera encore une taxe d’habitation en 2025, quand tous les autres en seront libérés. Pourtant, il serait bien imprudent de penser que la règle est simple ou uniforme : derrière les avis d’imposition se cachent des critères multiples, des cas particuliers et des disparités régionales.

L’application de la taxe d’habitation varie selon la composition du foyer, le niveau de revenus, la situation professionnelle ou encore la nature du logement occupé. Les règles se corsent pour les résidences secondaires, les personnes en maison de retraite ou les détenteurs de logements vacants.

La taxe d’habitation en 2025 : ce qui attend les contribuables

Depuis 2023, la taxe d’habitation sur la résidence principale a disparu pour tous. Après plusieurs années de transition, la réforme a touché à sa fin : plus aucun ménage n’a à s’acquitter de cette taxe sur son logement principal, peu importe son niveau de revenus ou la taille de la famille. Pour la résidence principale, la page est tournée.

Mais certains restent concernés. Les propriétaires de résidences secondaires continuent à recevoir leur avis de taxe d’habitation. Dans de nombreuses communes où le marché immobilier est particulièrement tendu, la facture grimpe : une surtaxe pouvant atteindre 60 % pèse sur le montant à régler. Cette mesure vise à encourager la location longue durée et à libérer les logements pour les habitants permanents.

Pour les logements vacants, le système est différent. Un bien laissé sans occupant, sauf exceptions bien précises, subit la taxe sur les logements vacants, distincte de la taxe d’habitation classique. Le périmètre d’application de cette taxe s’est même renforcé, couvrant de plus en plus de communes au fil des années.

Ce paysage fiscal redessine les frontières. En 2025, la règle devient claire : la résidence principale sort du calcul, la résidence secondaire et les logements vacants restent sous surveillance. L’administration assume la séparation nette entre le logement pour vivre et celui détenu à titre d’investissement.

Qui a droit à un dégrèvement ou à une exonération ?

Pour la résidence principale, deux mesures existent pour alléger, voire annuler la note : le dégrèvement réduit la taxe à payer, l’exonération supprime complètement l’impôt. Chaque dispositif cible des profils précis et ne bénéficie jamais aux résidences secondaires.

Bénéficiaires selon leur situation personnelle

Plusieurs situations ouvrent la porte à un dégrèvement ou une exonération :

  • Personnes âgées : Entre 65 et 75 ans, une réduction de 100 euros sur la taxe foncière peut s’appliquer si les ressources restent inférieures à un certain seuil. Passé 75 ans, l’exonération totale de la taxe d’habitation entre en jeu sous réserve de respecter des plafonds de revenus. Les retraités vivant désormais en EHPAD peuvent aussi obtenir certains avantages fiscaux pour leur ancien logement, à condition de remplir tous les critères exigés.
  • Personnes handicapées : Selon le degré de handicap et le niveau de ressources, il est possible de bénéficier d’une exonération ou d’un dégrèvement, conformément aux articles 1414 et 1414 C du Code général des impôts. Lorsque l’AAH ou l’ASI est perçue, des droits spécifiques apparaissent.
  • Étudiants : En location meublée ou hébergés en foyer, les étudiants peuvent demander un allègement fiscal, si leurs finances le justifient et qu’ils occupent réellement le logement au quotidien.

Précision : toute personne qui a payé l’impôt sur la fortune immobilière l’an passé est exclue automatiquement du dispositif. Il n’est pas possible de cumuler plusieurs exonérations. Le revenu fiscal de référence reste la jauge centrale : le plafond varie chaque année, prenant en compte le quotient familial. Pour évaluer sa situation, il suffit d’étudier son avis d’imposition ou de contacter l’administration fiscale.

Zoom sur les critères d’éligibilité et les situations particulières

L’éligibilité au dégrèvement dépend avant tout du revenu fiscal de référence (RFR). Ce montant, calculé par les services fiscaux à partir de la déclaration annuelle, ne doit pas franchir un seuil ajusté tous les ans et adapté à la composition du foyer. Le système prévoit que plus les parts de quotient familial augmentent, plus le plafond est élevé. Seule la résidence principale est prise en compte : ni les résidences secondaires, ni les logements vacants n’ouvrent ce type de droits, et certaines villes appliquent d’ailleurs une surtaxe dans ces cas-là.

Le montant de la taxe d’habitation ne peut pas dépasser 3,44 % du RFR, après abattement calculé selon la composition du ménage. Cette règle, fixée par l’article 1414 C du CGI, ne s’applique qu’à la résidence principale. Il existe aussi des cas particuliers : par exemple, un dégrèvement provisoire de trois ans peut s’appliquer aux personnes relogées dans le cadre d’un grand projet de rénovation urbaine.

Certains bénéficiaires de l’ASPA, de l’ASI ou de l’AAH peuvent bénéficier d’une exonération, à condition que leur RFR ne dépasse pas le plafond fixé chaque année. Attention : les personnes ayant été imposées sur la fortune immobilière l’année précédente sont systématiquement écartées de ces dispositifs. Les seuils à respecter sont détaillés dans le Code général des impôts, notamment à l’article 1417.

En résumé, trois paramètres s’imposent : il faut vérifier la définition du logement principal, le niveau de ressources du ménage et les conditions propres à chaque mesure. En cas de doute ou de question, l’avis d’impôt précise la situation et présente les plafonds actualisés d’année en année.

Homme âgé souriant tenant une lettre de taxe d

Comment vérifier vos droits et effectuer vos démarches facilement

Pour la grande majorité des foyers, le dégrèvement de la taxe d’habitation sur la résidence principale se fait automatiquement. L’administration prend en compte les informations déjà transmises et, si vous pouvez en bénéficier, la mention apparaît sur votre avis d’imposition, sans formalité supplémentaire.

Malgré tout, vigilance sur quelques situations particulières : déménagement, changement de statut du logement, départ en EHPAD ou évolution de la composition du foyer peuvent modifier vos droits. Dès lors que vous possédez un logement, il ne faut pas négliger la déclaration d’occupation. Celle-ci doit être remplie avant le 1er juillet, sous peine d’application de la taxe sur les logements vacants, ou de la surtaxe pour une résidence secondaire, si la situation le justifie.

En cas de contestation ou si vous estimez être redevable à tort, il est possible d’adresser une réclamation au centre des finances publiques. Cette démarche se fait par écrit, sur Internet ou par courrier postal, avec toutes les pièces justifiant la demande : votre avis d’imposition, des attestations de revenus, des justificatifs d’occupation par exemple. Les agents fiscaux instruisent alors votre demande et procèdent, en cas de validation, à la remise à jour de votre dossier. Les situations les plus complexes sont détaillées dans le Bulletin officiel des finances publiques.

Un dernier détail : le paiement reste exigé dans le délai normal tant qu’aucune décision n’est formellement prise. Si le dégrèvement ou l’exonération vous est accordé, le trop-perçu vous sera remboursé ensuite, sans autre intervention de votre part.

La taxe d’habitation n’est peut-être plus le dossier qui fait trembler la plupart des ménages, mais elle continue de redessiner le rapport entre chaque contribuable et son logement. Reste à chacun de tracer ses propres frontières, et de s’assurer d’en connaître la géographie exacte.

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